En durcissant les conditions environnementales, le changement climatique affaiblit de plus en plus les peuplements forestiers, favorisant des défoliations, des dépérissements, le développement et la colonisation de pathogènes et de ravageur sur des essences qui ne s’avèrent plus adaptées au milieu. Ceci entraîne généralement une perte de production et de productivité parfois importantes, voire même la déstabilisation des écosystèmes.

Face à cette situation, il apparaît nécessaire d’adapter les modes de gestion pour augmenter la résilience des peuplements.

Dans ce cadre, le CNPF Occitanie, à travers le programme SANASILVA, teste des méthodes d’enrichissement par points d’appui pour diversifier, voire remplacer les essences au sein de peuplements dépérissants, en intégrant des essences a priori plus adaptées aux prévisions climatiques.

Les enrichissements par points d’appui

Ils consistent à réaliser des plantations par placeaux de 9 à 16 plants resserrés, disséminés de façon ponctuelle dans les trouées, ou systématiquement et imitant les cônes de régénération.

Cette technique permet de compléter la régénération naturelle sans la substituer. Elle présente également l’avantage de protéger naturellement les arbres-objectif du gibier et de réduire la concurrence herbacée ou arbustive lorsqu’elle est vigoureuse (genêts, fougères, molinie, etc.) :

infographie

Aujourd’hui trois projets d’enrichissement sont en cours :

  • L’enrichissement de trouées dans une chênaie-frênaie dépérissante à l’est de Toulouse.

L’objectif est de substituer le frêne qui n’est plus adapté, par des essences plus résistantes à la sécheresse, telles que le cèdre de l’Atlas, le chêne pubescent, le chêne chevelu ou encore le chêne vert. Quelques pins seront également testés (pin maritime et pin d’Alep) ;

  • La restauration d’un peuplement effondré de sapins de Vancouver et d’épicéas sur la commune de Labassère, dans les Hautes Pyrénées.

L’objectif est de reconstituer un peuplement mélangé avec des essences plus adaptées aux nouvelles conditions climatiques et présentant un intérêt pour la production de bois mais également mellifère, en lien avec les activités du propriétaire : fruitiers sauvages, sorbiers, châtaigniers, tilleuls, bouleau, en mélange avec du chêne sessile et des érables.

  • La diversification d’une châtaigneraie dépérissante du Vallespir

Située à près de 1 000 m d’altitude cet essai intègre des essences méditerranéennes telles que le chêne vert, le chêne liège ou encore des essences plus atypiques, telles que le sapin pinsapo, provenant des montagnes d’Andalousie.

Environ une dizaine d’essences différentes seront testées sur chaque site et un suivi sera réalisé par le CNPF Occitanie, sur une durée minimum de 10 ans, pour évaluer leur résistance aux conditions climatiques et leurs accroissements.

Tous les placeaux seront protégés des cervidés par des clôtures et des enclos non plantés seront installés pour évaluer le potentiel de régénération naturelle du peuplement également.