Les Pyrénées, territoire largement couvert par la forêt (taux de boisement supérieur à 50 % côté français), subissent de plein fouet les effets du changement climatique.
Les évolutions des conditions climatiques (augmentation des températures, modifications de la répartition saisonnière des précipitations, allongement des périodes de sécheresse et vagues de chaleur notamment …) ont un impact négatif sur la résistance et la résilience des forêts.
Les conséquences sur l’état sanitaire des peuplements forestiers sont déjà perceptibles : défoliations, rougissements, développement et colonisation de pathogènes et ravageurs …
Ces phénomènes sanitaires peuvent entraîner une forte baisse de la productivité, voire provoquer des dépérissements massifs pouvant déstabiliser les écosystèmes et les filières forestières locales.
Dans ce contexte, les principaux acteurs pyrénéens français, espagnols et andorrans de la Santé des Forêts se sont associés dans le projet SANA SILVA avec l’objectif d’initier un réseau transfrontalier d’experts pour faciliter la coopération et la mise en œuvre d’actions concrètes sur nos territoires.
Objectifs du projet
- Elaborer une stratégie de coopération transfrontalière sur la Santé des Forêts
- Mettre en œuvre des actions prioritaires pour répondre aux défis partagés actuels et futurs
Résultats attendus
- Améliorer l’anticipation et la réactivité des organismes forestiers face aux phénomènes sanitaires par la mise en place d’un système d’alerte précoce à l’échelle du massif ;
- Faire progresser la compréhension, la détection, et la gestion des phénomènes affectant la santé des forêts par la mise en œuvre d’actions pilotes ;
- Fluidifier le partage des connaissances par la création d’un réseau d’experts pyrénéens en santé des forêts.
- Développer le transfert des connaissances aux acteurs forestiers par la communication, la sensibilisation et la formation.
Les actions pilotes :
-
En durcissant les conditions environnementales, le changement climatique affaiblit de plus en plus les peuplements forestiers, favorisant des défoliations, des dépérissements, le développement et la colonisation de pathogènes et de ravageurs sur des essences qui ne s’avèrent plus adaptées au milieu. Ceci entraîne généralement une perte de production et de productivité parfois importante, voire même la déstabilisation des écosystèmes.
Face à cette situation, il apparaît nécessaire d’adapter les modes de gestion pour augmenter la résilience des peuplements.
Dans ce cadre, le CNPF Occitanie teste des méthodes d’enrichissement par points d’appui pour diversifier, voire remplacer les essences au sein de peuplements dépérissants, en intégrant des essences a priori plus adaptées aux prévisions climatiques.
Les enrichissements par points d’appui
Ils consistent à réaliser des plantations par placeaux de 9 à 16 plants resserrés, disséminés de façon ponctuelle dans les trouées, ou systématiquement et imitant les cônes de régénération. Cette technique permet de compléter la régénération naturelle sans la substituer. Elle présente également l’avantage de protéger naturellement les arbres-objectif du gibier et de réduire la concurrence herbacée ou arbustive lorsqu’elle est vigoureuse (genêts, fougères, molinie, etc.) :
Aujourd’hui trois projets d’enrichissement sont en cours
-
L’enrichissement de trouées dans une chênaie-frênaie dépérissante à l’est de Toulouse. L’objectif est de substituer le frêne qui n’est plus adapté, par des essences plus résistantes à la sécheresse, telles que le cèdre de l’Atlas, le chêne pubescent, le chêne chevelu ou encore le chêne vert. Quelques pins seront également testés (pin maritime et pin d’Alep) ;
-
La restauration d’un peuplement effondré de sapins de Vancouver et d’épicéas sur la commune de Labassère, dans les Hautes Pyrénées. L’objectif est de reconstituer un peuplement mélangé avec des essences plus adaptées aux nouvelles conditions climatiques et présentant un intérêt pour la production de bois mais également mellifère, en lien avec les activités du propriétaire : fruitiers sauvages, sorbiers, châtaigniers, tilleuls, bouleau, en mélange avec du chêne sessile et des érables.
-
La diversification d’une châtaigneraie dépérissante du Vallespir, située à près de 1 000 m d’altitude intégrant des essences méditerranéennes telles que le chêne vert, le chêne liège ou encore des essences plus atypiques, telles que le sapin pinsapo, provenant des montagnes d’Andalousie.
Environ une dizaine d’essences différentes seront testées sur chaque site et un suivi sera réalisé par le CNPF Occitanie, sur une durée minimum de 10 ans, pour évaluer leur résistance aux conditions climatiques et leurs accroissements.
Tous les placeaux seront protégés des cervidés par des clôtures et des enclos non plantés seront installés pour évaluer le potentiel de régénération naturelle du peuplement également.
-
Partenaires impliqués :
Le projet, piloté par FORESPIR, est porté par un large partenariat, incluant les principales institutions forestières pyrénéennes :
SANA SILVA bénéfie également de l'appui technique de :
Soutien financier
Prévu pour une durée de 3 ans, le projet SANA SILVA est cofinancé à hauteur de 65% par l'Union européenne grâce au programme Interreg VI-A Espagne-France-Andorre (POCTEFA 2021-2027).
L'objectif du POCTEFA est de renforcer l'intégration économique et sociale de la zone frontalière Espagne-France-Andorre.
L’État français apporte également son soutien financier au titre du Fonds National d’Aménagement et de Développement du Territoire (FNADT) et du dispositif ADEVBOIS (Aide au développement de la filière forêt-bois).
Les partenaires du projet cofinancent également les actions menées à hauteur de 20%.